• - Mes colocataires

     

    Cela fait cinq ans que je vis dans le même appartement. Lors de la visite, j'avais clairement ressentis qu'il y avait quelque chose ici. Pourtant, l'appartement avait très bonne allure : quelques sols refaits et peinture neuve dans toutes les pièces. J'ai tout de même signé, complètement ravie d'avoir mon premier chez moi, extrêmement bien situé et qui plus est, avec jardin.

    Ma fille était petite et faisait encore pipi au pot. En la changeant dans sa chambre, un bruit se fit entendre dans le salon. Une tringle à rideau était tombée sur le pot (vide, je vous rassure). Rien d'anormal jusque là. Mais en refixant la tringle, je m'aperçue qu'elle n'était pas droite. Je vous garantis que j'ai dû tirer dessus comme une dingue pour la décoller. J'étais certaine qu'elle n'avait pas pu se décrocher seule mais, qui l'aurait fait ? Je suis passée outre.

    Quelques jours plus tard, ou peut-être le lendemain soir, le baby-phone de ma chambre s'est mis à sonné : signe qu'il était débranché dans la chambre de ma fille. Elle avait pour habitude (et ça l'amusait) de tirer sur le fil pour le débrancher. Je suis donc allée dans sa chambre pour le rebrancher mais... elle dormait à poings fermés et le baby-phone était bien relié à la prise. Simple bug, j'ai appuyé sur le bouton pour le rallumer et suis retournée à mes occupations. Cinq minutes après, le baby-phone de ma chambre se remet à sonner. J'ai commencé à me dire qu'un petit plaisantin se jouait de moi et lui ai demandé gentiment de cesser ce petit jeu. J'ai rallumé le baby-phone et encore une fois, suis retourner à mes occupations. Mais le baby-phone s'est remis à sonner une troisième fois. J'ai moins rigolé en découvrant que pour éteindre le baby-phone de la chambre de ma fille, il fallait maintenir le bouton appuyé durant trois secondes... Je l'ai débranché et jeté sans perdre de temps. 

    La nuit suivante, en me couchant, j'entendais tambouriner dans mon armoire comme si quelqu'un était à l'intérieur. Cela tapait vraiment fort. Je me suis mise en boule sous ma couette, en pleurs, me demandant pourquoi j'avais pris cet appartement alors que je savais pertinemment qu'il y avait quelque chose ici ? Mais j'étais ici chez moi, bien installée et surtout décidée à ne pas me laisser impressionner. Le soir suivant, je me suis tout bêtement présentée à ces colocataires en leur expliquant que c'était désormais mon appartement. Que leur présence ne me dérangeait pas, à condition qu'ils ne fassent plus tous ces bruits qui m'effrayaient. J'ai bien dû discuter cinq minutes dans le vent, absolument pas convaincue que cela marcherait. Mais cela a fonctionné, j'ai finalement été acceptée. 

     


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